concept
Biennale di Athene 2003
COSMOS
XI BIENNIALE DES JEUNES CREATEURS DE L’EUROPE ET DE LA MEDITERRANEE
Cosmographies, cosmopolitanism and digi-cosmos in the imagination of young artists
5-16 juin 2003
Athènes, Ilios' Tower Park
En parlant de la mer Méditerranée, l'historien Fernand Braudel avait insisté sur le besoin d'arrêter de regarder la Méditerranée contemporaine comme un lac. Puisque ce n'est qu'une question de grandeur, nous ne devrions pas oublier qu'au temps d'Auguste et Antoine, pendant les croisades ou même lorsque la flotte de Philippe II la sillonnait, la Méditerranée apparaissait comme 100 ou 1000 fois plus grande qu'aujourd'hui où elle est parcourue par transport aérien et maritime...De cette façon, notre intérêt principal devrait être de lui donner toutes ses véritables dimensions ; de l'imaginer comme un énorme bout de vêtement. Auparavant un univers, une planète.
Ainsi pour les hommes de l'Antiquité et du Moyen Age la Méditerranée était ouverte. C'était un univers expansif, origine de la lumière et de l'ombre, du sacré et du sacrilège, de la modération et de l'excès, de l'unité et de la discorde, du contraste et de la complémentarité, un lieu d'échanges d'idées et de compilation de théories.
Les pérégrinations des aventures d'Ulysse, qui se trouve lui-même à la limite de la terre. Le voyage d'Alexandre et Marco Polo, les poésies de Leopardi, les ciels nuageux d'El Greco, les légendes populaires, le Sud idéalisé des romantiques, l 'impressionnante torsade du délicat paysage Méditerranéen, l'inaccessible à pic vers la mer, les méditations de Paul Valéry et de Fernando Pessoa, l'extraordinaire dérive des situationistes sont une part des éléments qui ont entretenu notre imagination et l'ont nourri d'images. La vie moderne, ses contrastes et la vitalité des villes ont pris en charge le reste. Cependant dès l'Odyssée, archétype du conte itinérant, deux tendances opposées entrent en conflit : le besoin de rentrer au foyer, contre l'envie d'affronter l'extérieur, d'aller au delà de l'horizon vers l'infini.
Ithaque et Pénélope symbolisent la première tendance ; l'île des phéniciens et l'esprit aventureux d'Athènes. L'autre tendance est représentée par l'Odyssée. C'est une rencontre avec l'inconnu et le variable, ce qui présuppose des relations entre un et plusieurs possibles et impossibles , entre le fini et l'infini inexploité.
Dés qu'Ulysse revient de son voyage, ayant développé une nouvelle attitude, il annonce un nouveau départ - pour toujours.
Notre entrée dans le 21ème siècle a été accompagnée par des promesses et des menaces qui ont le reflet de ces tendances opposées exprimées dans l'Odyssée, sous des appellations différentes et souvent de manière extrême.
La 11ème édition de la Biennale à Athènes invite les jeunes artistes des pays d'Europe et de la Méditerranée ainsi que le public de la ville à explorer les nouveaux aspects de l'ouverture du monde et les chemins dans lesquels nous nous représentons les limites transcendantes et l'horizon.
Ce n'est pas seulement la Méditerranée comme facteur identitaire, mais la Méditerranée comme perspective qui décrit le mieux de quoi il s'agit, à savoir un espace en mouvement, dans le plein sens du mot (Fernand Braudel), la source de perpétuels flux et rencontres qui posent la Méditerranée et l'Europe dans une situation de relations, de dialogues et de confrontations.
Rien n'est hiérarchique, rien n'est organisé autour d'un axe fixe. Le centre est partout.
Dans ce sens la Biennale traitera de questions qui comptent parmi les plus intéressantes, parce qu'elles concernent les jeunes artistes de notre temps : le paysage et l'espace, les nouvelles expériences de voyages, des rapports humains, de l'environnement, la quête de l'alternatif et de l'impossible, de la mobilité, la co-existence des concepts classiques de beauté, basés sur la modération et l'harmonie, avec le sens de l'infini et du sublime qui renseignent sur l'esthétique contemporaine, les dynamiques des grandes villes et les nouvelles technologies.
La Biennale enregistrera les différentes manières qu'ont les jeunes artistes à dépeindre, évoquer, dessiner ou imaginer l'espace, les paysages naturels et artificiels, le réalisable et l'irréalisable, le voyage, les relations humaines, l'environnement - en un mot le cosmos dans toute sa complexité.
De nos jours, tout le monde se réfère à ce monde plus que jamais. Cependant nous avons besoin de le comprendre avant de pouvoir concevoir et proposer quelque chose. Le monde est réellement la manière dont on le perçoit. Ce qui résulte du social et du culturel ainsi que du processus mental, et inclus aussi des constructions institutionnelles et des pratiques discursives. Ainsi il existe une question centrale à tous les champs d'artistes : pouvons-nous représenter réellement la complexité de ce monde ou bien pouvons-nous seulement parler à titre personnel, à travers notre propre microcosme subjectif, ou tout au moins nous exprimer d'après lui ?
Un tel dilemne apporte de la nourriture à la créativité moderne, en produisant des travaux et des interprétations où de nouvelles cosmographies (dont le but est de décrire le monde contemporain) et le digi-cosmos peuvent rencontrer le cosmopolitain (selon Jacques Derrida: l'étranger devient ami ). En un temps où tout le monde parle de challenges et de triomphe de la globalisation, la création d'une société-cosmos, basée sur la synthèse plutôt que sur le remplacement des cultures, est aujourd'hui un besoin p
XI BIENNIALE DES JEUNES CREATEURS DE L’EUROPE ET DE LA MEDITERRANEE
Cosmographies, cosmopolitanism and digi-cosmos in the imagination of young artists
5-16 juin 2003
Athènes, Ilios' Tower Park
En parlant de la mer Méditerranée, l'historien Fernand Braudel avait insisté sur le besoin d'arrêter de regarder la Méditerranée contemporaine comme un lac. Puisque ce n'est qu'une question de grandeur, nous ne devrions pas oublier qu'au temps d'Auguste et Antoine, pendant les croisades ou même lorsque la flotte de Philippe II la sillonnait, la Méditerranée apparaissait comme 100 ou 1000 fois plus grande qu'aujourd'hui où elle est parcourue par transport aérien et maritime...De cette façon, notre intérêt principal devrait être de lui donner toutes ses véritables dimensions ; de l'imaginer comme un énorme bout de vêtement. Auparavant un univers, une planète.
Ainsi pour les hommes de l'Antiquité et du Moyen Age la Méditerranée était ouverte. C'était un univers expansif, origine de la lumière et de l'ombre, du sacré et du sacrilège, de la modération et de l'excès, de l'unité et de la discorde, du contraste et de la complémentarité, un lieu d'échanges d'idées et de compilation de théories.
Les pérégrinations des aventures d'Ulysse, qui se trouve lui-même à la limite de la terre. Le voyage d'Alexandre et Marco Polo, les poésies de Leopardi, les ciels nuageux d'El Greco, les légendes populaires, le Sud idéalisé des romantiques, l 'impressionnante torsade du délicat paysage Méditerranéen, l'inaccessible à pic vers la mer, les méditations de Paul Valéry et de Fernando Pessoa, l'extraordinaire dérive des situationistes sont une part des éléments qui ont entretenu notre imagination et l'ont nourri d'images. La vie moderne, ses contrastes et la vitalité des villes ont pris en charge le reste. Cependant dès l'Odyssée, archétype du conte itinérant, deux tendances opposées entrent en conflit : le besoin de rentrer au foyer, contre l'envie d'affronter l'extérieur, d'aller au delà de l'horizon vers l'infini.
Ithaque et Pénélope symbolisent la première tendance ; l'île des phéniciens et l'esprit aventureux d'Athènes. L'autre tendance est représentée par l'Odyssée. C'est une rencontre avec l'inconnu et le variable, ce qui présuppose des relations entre un et plusieurs possibles et impossibles , entre le fini et l'infini inexploité.
Dés qu'Ulysse revient de son voyage, ayant développé une nouvelle attitude, il annonce un nouveau départ - pour toujours.
Notre entrée dans le 21ème siècle a été accompagnée par des promesses et des menaces qui ont le reflet de ces tendances opposées exprimées dans l'Odyssée, sous des appellations différentes et souvent de manière extrême.
La 11ème édition de la Biennale à Athènes invite les jeunes artistes des pays d'Europe et de la Méditerranée ainsi que le public de la ville à explorer les nouveaux aspects de l'ouverture du monde et les chemins dans lesquels nous nous représentons les limites transcendantes et l'horizon.
Ce n'est pas seulement la Méditerranée comme facteur identitaire, mais la Méditerranée comme perspective qui décrit le mieux de quoi il s'agit, à savoir un espace en mouvement, dans le plein sens du mot (Fernand Braudel), la source de perpétuels flux et rencontres qui posent la Méditerranée et l'Europe dans une situation de relations, de dialogues et de confrontations.
Rien n'est hiérarchique, rien n'est organisé autour d'un axe fixe. Le centre est partout.
Dans ce sens la Biennale traitera de questions qui comptent parmi les plus intéressantes, parce qu'elles concernent les jeunes artistes de notre temps : le paysage et l'espace, les nouvelles expériences de voyages, des rapports humains, de l'environnement, la quête de l'alternatif et de l'impossible, de la mobilité, la co-existence des concepts classiques de beauté, basés sur la modération et l'harmonie, avec le sens de l'infini et du sublime qui renseignent sur l'esthétique contemporaine, les dynamiques des grandes villes et les nouvelles technologies.
La Biennale enregistrera les différentes manières qu'ont les jeunes artistes à dépeindre, évoquer, dessiner ou imaginer l'espace, les paysages naturels et artificiels, le réalisable et l'irréalisable, le voyage, les relations humaines, l'environnement - en un mot le cosmos dans toute sa complexité.
De nos jours, tout le monde se réfère à ce monde plus que jamais. Cependant nous avons besoin de le comprendre avant de pouvoir concevoir et proposer quelque chose. Le monde est réellement la manière dont on le perçoit. Ce qui résulte du social et du culturel ainsi que du processus mental, et inclus aussi des constructions institutionnelles et des pratiques discursives. Ainsi il existe une question centrale à tous les champs d'artistes : pouvons-nous représenter réellement la complexité de ce monde ou bien pouvons-nous seulement parler à titre personnel, à travers notre propre microcosme subjectif, ou tout au moins nous exprimer d'après lui ?
Un tel dilemne apporte de la nourriture à la créativité moderne, en produisant des travaux et des interprétations où de nouvelles cosmographies (dont le but est de décrire le monde contemporain) et le digi-cosmos peuvent rencontrer le cosmopolitain (selon Jacques Derrida: l'étranger devient ami ). En un temps où tout le monde parle de challenges et de triomphe de la globalisation, la création d'une société-cosmos, basée sur la synthèse plutôt que sur le remplacement des cultures, est aujourd'hui un besoin p